Lors du Forum Francophone des Open Badges à Besançon, une table ronde a mis en lumière des acteurs souvent sous-estimés ou peu visibles : les tiers-lieux et le monde associatif. Ces espaces, où se croisent apprentissage, création et solidarité, jouent un rôle essentiel dans la reconnaissance des compétences informelles. Sans eux, des projets comme celui des 3 Lapins – où des jeunes, des bénévoles ou des personnes en reconversion professionnelle acquièrent des savoir-faire concrets – resteraient invisibles. Pourtant, ces lieux, fréquemment portés par des initiatives citoyennes, sont les laboratoires vivants de l’innovation sociale et de l’inclusion.

Des espaces de porosité entre les mondes


Les tiers-lieux, sont des intermédiaires uniques entre le travail, l’apprentissage et la vie sociale. Ils accueillent des publics variés – jeunes en insertion, bénévoles, artisans, entrepreneurs – et leur offrent un cadre pour apprendre, créer et être reconnu. Comme l’a souligné un participant : « Ici, on vient pour se sentir utile, mais aussi pour chercher des compétences. Par le bénévolat ou les ateliers, on apprend à gérer des projets, à travailler en équipe… Des savoir-être et savoir-faire qui ne sont pas toujours reconnus, mais qui devraient l’être. »

Le monde associatif est au cœur de cette dynamique. Les associations, souvent auto-organisées, créent des écosystèmes d’entraide où les compétences se transmettent par les pairs. Le Consortium Défilab, par exemple, a été monté pour booster des parcours de vie et offrir des possibilités de travail, d’apprentissage et de reconnaissance. « C’est fait PAR et POUR les personnes », résume un membre.

La reconnaissance ouverte, un outil au service de l’inclusion

Dans ces espaces, les Open Badges deviennent un levier puissant pour :

  • Valider des compétences informelles (ex. : couture, gestion de projet, animation d’atelier).
  • Rendre visibles des savoir-faire souvent ignorés par les systèmes traditionnels.
  • Créer des ponts entre les tiers-lieux, les associations et les entreprises locales.

Un réseau de confiance à construire

Pour que ces dispositifs fonctionnent, il faut un écosystème de confiance. Les tiers-lieux et les associations doivent :

  • Documenter leurs pratiques pour légitimer les compétences acquises.
  • Collaborer avec les institutions (ex. : DDESPP70, ARNIA) pour pérenniser les projets.
  • Créer des partenariats avec les entreprises locales pour valoriser les Open Badges.

Comme l’a noté un participant : « On a besoin d’un réseau qui sécurise et valide. Mélanger les publics, apprendre entre pairs… C’est comme ça qu’on avance ensemble. »

Conclusion

Les tiers-lieux et le monde associatif sont les piliers invisibles de la reconnaissance ouverte. Ils offrent un cadre où chacun peut apprendre, créer et être reconnu, quel que soit son parcours. Les Open Badges, dans ce contexte, ne sont pas qu’un outil : ils sont un symbole de confiance et d’inclusion.

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