Lors du Forum Francophone des Open Badges à Besançon, Marie-Ange Nawfal a proposé un atelier intitulé Selfie badges, reconnaissance ouverte et évaluation à la première personne.
L’objectif ? Explorer les Selfie-Badges comme outils de reconnaissance centrés sur l’expérience vécue des apprenants, en s’appuyant sur une recherche en cours sur l’évaluation à la première personne. Contrairement aux évaluations traditionnelles, souvent binaires (réussite/échec), cet atelier a permis d’expérimenter des modalités descriptives et non comparatives pour mettre en valeur des trajectoires, des expériences et des capacités réflexives.

Un déroulé immersif et collaboratif

L’atelier s’est articulé autour de 5 étapes :

  1. Présentation du cadre théorique : Introduction aux enjeux de la reconnaissance à la première personne et de l’évaluation non binaire.
  2. Découverte d’exemples de Selfie-Badges : Analyse de cas concrets pour comprendre les possibilités narratives des badges.
  3. Création de Selfie-Badges : Chaque participant a rempli un canevas pour esquisser son propre badge, avec la possibilité d’échanger en binôme pour affiner et éclaircir ses idées.
  4. Expérimentation avec l’IA générative : Utilisation d’outils d’IA pour accompagner la réflexion et l’écriture, sans remplacer la parole ou l’expérience des personnes.
  5. Discussion collective : Échanges sur les usages, limites et potentialités des Selfie-Badges et de l’IA dans les démarches de reconnaissance.

L’évaluation à la première personne : une approche méconnue mais puissante

Les participants ont d’abord partagé leur familiarité avec l’évaluation à la première personne :

  • Certains avaient déjà expérimenté les Selfie-Badges (ex. : avec des élèves de lycées agricoles).
  • D’autres ont souligné que l’évaluation traditionnelle peut être destructrice (« Elle casse les gens »).
  • L’atelier a permis de dépasser cette logique en proposant une approche centrée sur la personne, sans jugement ni compétition.

Moi en 3 mots : un exercice révélateur

Pour introduire la réflexion, les participants ont décrit leur identité en 3 mots avant, pendant et après l’atelier. Quelques exemples :

  • « Littéraire, explorateur, ouverture »
  • « Pluridisciplinarité, parent, uni »
  • « Présent, dubitatif, équilibré »
  • « Anthropologie, coopération, réseau »

Cet exercice a permis de mettre en lumière la diversité des parcours et de montrer comment les Selfie-Badges peuvent capturer cette richesse.

Création de Selfie-Badges : un processus réflexif

Les participants ont rempli un canevas pour créer leur propre Selfie-Badge. L’échange en binôme a permis d’affiner les idées et de clarifier les critères de reconnaissance. Certains ont souligné que :

  • « Le travail se fait avec moi-même : c’est un moment de réflexion personnelle. »
  • « Les contraintes de temps et les cases à remplir aident à explorer des aspects qu’on n’aurait pas cherchés autrement. »

L’IA générative : un outil d’accompagnement, pas de remplacement

L’usage de l’IA a suscité des débats intéressants :

  • Quand l’utiliser ? « Si on a déjà fait le tour de la question, peut-être que l’IA n’est pas nécessaire. » Elle peut cependant servir à vérifier si le badge est assez ouvert, pertinent, ou si les critères peuvent être améliorés.
  • Limites : « Le problème des données personnelles » a été soulevé. L’IA ne doit pas remplacer la parole ou l’expérience de la personne, mais plutôt l’accompagner.
  • Apport de l’IA : « L’important, ce sont les mots et la grille qui font avancer la personne. » L’IA peut aider à structurer la réflexion, mais ne doit pas prendre le pas sur l’humain.

Un environnement capacitant

Les participants ont souligné l’importance d’un environnement capacitant pour créer des Selfie-Badges :

  • Pas de jugement, pas de compétition : « Je ne me suis pas senti évalué. »
  • Besoin de valeur ajoutée : « Il y a beaucoup de scepticisme autour des Selfie-Badges. Il faut trouver un surcroît de valeur. » Cela passe par un arrière-plan bibliographique et conceptuel solide. Les recommandations et endossements sont importants pour crédibiliser les Selfie-badges.

Conclusion

L’atelier de Marie-Ange Nawfal a montré que les Selfie-Badges peuvent être un outil puissant de reconnaissance ouverte, à condition de placer l’individu au centre du processus. En combinant réflexivité, narration et accompagnement (humain ou via l’IA), les Selfie-Badges permettent de valoriser des trajectoires uniques, sans tomber dans les pièges de l’évaluation traditionnelle.

Pour aller plus loin :

  • Découvrez des exemples de Selfie-Badges, dans la galerie d’openbadgepassport en cochant Afficher les badges auto-délivrés
  • Contactez Marie-Ange Nawfal pour échanger sur les pratiques : Linkedin